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Les Lymphes
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Les Lymphes

Symbiotes semi-conscients qui s'intègrent au corps du porteur et permettent aux greffes de prendre n'importe quelle forme.

Ce que disent les manuels

Les Lymphes sont des symbiotes. Un liquide noir et semi-conscient qui vit dans le corps d’un praticien et remonte sur la peau quand il faut agir. Les manuels du Cadastre les classent comme “matériel vivant classifié”. Personne ne corrige.

Spécimen de Lymphe à l'étude, liquide noir en bocal de conservation

Capable de manipuler les greffes implantées avec une liberté totale, la Lymphe les transforme en armes, en armures, en outils. Quand elle agit, le film noir remonte à la surface de la peau, épouse la greffe, et la reforme comme une seconde chair. Sans greffes, elle n’est pas grand-chose, quelques extensions liquides, une main qui s’allonge, une lame rudimentaire. Avec greffes, elle devient une forge vivante. La Lymphe est l’outil ultime du praticien avancé.

Ce que sentent les porteurs

Les manuels décrivent un outil. Les porteurs, eux, décrivent autre chose.

Le murmure

Porteur, film noir sur la peau

La Lymphe ne parle pas. Mais elle fait sentir. Les praticiens appellent ça “le murmure”, une chaleur soudaine dans la poitrine, un picotement qui court le long des bras, une tension inexplicable dans la mâchoire. Parfois c’est une impulsion, l’envie d’agir sans savoir pourquoi. Parfois une résistance, la transformation qui refuse de prendre forme, comme si quelque chose, en soi, disait non. Les greffeurs les plus expérimentés savent qu’on ne commande pas une Lymphe, on négocie avec elle.

Les signes

Quand elle s’éveille, la Lymphe remonte à la surface, un film noir et visqueux qui court sur la peau, enveloppe les greffes et pulse lentement au rythme de ses humeurs. C’est le premier signe qu’on apprend à reconnaître, mais pas le seul. Les Lymphes reconnaissent les voix. Certaines réagissent à la musique. D’autres refusent catégoriquement certains matériaux, un cristal particulier, un métal qu’elles n’ont jamais rencontré, sans qu’on sache pourquoi.

Une Lymphe ne se prend pas non plus, elle choisit. La compatibilité génétique décide, et certaines lignées sont accueillies quand d’autres sont rejetées sans appel. C’est pour ça que les grandes familles se les transmettent de génération en génération, comme un héritage qu’il faut préserver.

Personne ne sait vraiment d’où elles viennent. Les Guildes ont leurs théories. Les vieilles familles en ont d’autres. Les porteurs, eux, apprennent à vivre avec la question.

Le commerce

Les Guildes contrôlent la distribution des Lymphes avec la même efficacité glaciale qu’elles appliquent à tout le reste. Une Lymphe dite “de qualité”, ancienne, stable, au murmure limpide, peut valoir une fortune. Une Lymphe capricieuse, qui rejette son porteur ou refuse les matériaux simples, perd sa valeur en quelques jours. Le marché noir en propose aussi, avec tous les risques que ça implique, Lymphes instables, fragmentées, parfois hostiles.

Certaines règles ne tolèrent aucune exception. Arracher une Lymphe à un hôte vivant est un crime capital dans toutes les cités de Genomea. Forcer une Lymphe dans un porteur non consentant est un tabou que même les guildes les plus brutales respectent.

Personne ne pose la question qui devrait être posée, est-ce que ces Lymphes consentent à être portées ?